Bon on commence petitement et avec un livre qui peut tromper le lecteur de ce blog sur les préférences du maître des lieux. En effet, le polar n'est pas sa tasse de thé à une grosse exception près (le formidable James Ellroy). Il s'agit ici vraiment d'un petit polar dans tous les sens du terme (ambition de l'écriture autant que de l'épaisseur du bouquin), on évitera de spéculer sur l'intérêt pécunier de la chose (un tout petit livre vendu plus de 15€) pour ne se concentrer que sur l'écriture et l'histoire.
Étant donné que mon intérêt pour les romans policier est très limité je ne connais évidemment pas les romans de Camilla Läckberg, je ne pourrais donc pas comparer avec ses précédentes œuvres. D'autant que de ce que j'ai pu lire à droite et à gauche ce livre-ci n'a pas grand-chose à voir avec les précédents bouquins de la suédoise. De ce que j'en ai vu, les principales critiques qui sont adressées à Cyanure c'est la quasi absence de liens avec les précédents romans de l'auteur qui apparemment met en scène des personnages récurrents. Critiques quelque peu limitées mais typique d'une époque où les gens s'intéressent plus (pour parler d'oeuvre filmées) aux personnages qui reviennent régulièrement qu'aux plus éphémères. Mais ceci n'est pas très important et de toute façon je ne peux pas comparer puisque Cyanure est le seul livre que j'aie lu de son auteure.
Parlons plutôt du livre en lui-même. Il s'agit donc d'un jeune flic qui se rend dans un coin paumé (il faut bien appeler un chat un chat) pour faire plaisir à sa petite amie et rencontrer la famille de celle-ci. Il débarque dans une ambiance détestable et se rendra très vite compte que cette fille-là n'est pas pour lui (mais vraiment très vite, il n'y a aucune histoire entre les deux tourtereaux dans le livre). Très vite le grand-père meurt, empoisonné. Personne n'a pu rentrer, personne n'a pu sortir à cause de la tempête de neige qui sévit. Le coupable est donc parmi la famille de la donzelle. Mais qui est-ce?
Même si l'auteure fait référence directement à Conan Doyle et son Sherlock Holmes, il s'agit plutôt ici d'une histoire à la Agatha Christie (un huis clos, un policier, tout le monde est suspect,...). Malheureusement le livre n'est pas à la hauteur de ces références et patauge vite dans le banal, l'anecdotique, au lieu de faire travailler nos méninges et de stimuler le suspense. Le problème vient du héros totalement incompétent qui mène une enquête même pas digne d'une académie de police, et des personnages trop caricaturaux et antipathique pour être source d'intérêt pour le lecteur.
Les avantages de ce livre sont qu'il est court, on n'a donc pas le temps de s'ennuyer et qu'il remplit son rôle malgré ses défauts, c'est-à-dire de divertir.
On suivra donc sans intérêt particulier mais sans grand déplaisir les tribulations de cette famille qui s'entre-déchire, même si au final l'action est très limitée. Un gros bémol par contre : le dénouement, qui n'a pas vraiment sa place dans cette histoire, et il semble que l'auteure n'a pas eu envie de finir son livre en beauté mais sort une fin, visiblement copié sur une autre histoire, et qui finit par frustrer son lecteur.
4.5/10
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire