lundi 20 février 2012

Flowers for Algernon de Daniel Keyes (Etats-Unis, langue américaine)


coming soon...

La Planète des Singes de Pierre Boulle (France, langue française)


Prochainement...

Les Dames de Nage de Bernard Giraudeau (France, langue française)


Prochainement...

Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder (Norvège, traduction française)


A quoi sert la philosophie? C'est peut-être à cette question qu'essaye de répondre Le Monde de Sophie. Il s'agit de l'histoire d'une jeune fille qui à l'approche de ses quinze ans va découvrir l'histoire de la pensée universelle (mais surtout occidentale). Un professeur de philosophie va l'initier à ce qui a fait évoluer les mentalités humaines, de l'Antiquité à nos jours.

Le Monde de Sophie est certainement un des livres d'histoire de la philosophie les plus accessibles au grand public : construit comme un roman initiatique, il permet au lecteur de découvrir en douceur les courants majeurs ainsi que les plus importants philosophe qui ont bouleversé l'histoire de la pensée. Le livre est écrit de manière très simple, mais rarement simpliste, et décrit, sans édulcorer, la façon de penser de chaque époque et de chaque philosophe.

Le livre n'est pas très court mais non rébarbatif, ni trop didactique, on se laisse porter par les explications du philosophe à la manière de Sophie : d'abord intrigué, puis subjugué par les portes qu'ouvrent les façons d'appréhender la pensée, pas à pas et de manière chronologique.

Certes, ce qui ne concerne pas la philosophie est quelque peu enfantin à côté mais très divertissant et même bienvenu, les coupures entre chaque discours philosophique venant très à-propos.

On peut aimer ce livre même si on n'aime pas la philosophie. Il est même fortement conseillé, car même si on ne s'intéresse pas à la philosophie, on en fait tous les jours et la philosophie a des influences considérable sur d'innombrables aspects de notre vie quotidienne.

9/10

jeudi 2 février 2012

American Short Story Masterpieces (Recueil de nouvelles américaine par Raymond Carver & Tom Jenks, VO)


Il n'est jamais évident de créer un recueil cohérent de nouvelles ayant déjà été publiées séparément, chacune par un auteur différent et à différentes périodes. C'est là le tour de force de Raymond Carver (qui en profite pour glisser une de ses nouvelles) et Tom Jenks.

En effet, prenant le parti pris du réalisme, Raymond Carver et Tom Jenks réussissent à nous livrer un ensemble de nouvelles dont la cohérence tient du miracle. Il y a très peu de déchet ici, quelques textes peu intéressants, mais dans l'ensemble il s'agit d'oeuvres fortes, qui marquent durablement le lecteur.

Le choix des textes a été très judicieux, avec des auteurs majeurs du XXème siècle aux États-Unis tels Raymond Carver, Joyce Carol Oates ou encore Flannery O'Connor. La lecture nous plonge au coeur de l'Amérique et de ses rêves brisés. Car il est vrai que la réalité blesse bien souvent et c'est là le thème principal du recueil. La réalité, la froide réalité, qui happe les espoirs et les rêves.

On est littéralement piégés par les histoires qui nous absorbent, tant elles sont bien écrites. On se retrouve à vivre le quotidien d'êtres qui nous semblent très proches malgré toutes les différences que l'on peut observer entre eux et nous. On est saisi par l’âpreté, la grandeur de cette Amérique qui absorbe les personnages, et l'on sait qu'il n'y pas moyen d'en réchapper.

American Short Story Masterpieces est un indispensable de la nouvelle américaine contemporaine.

9/10

mardi 24 janvier 2012

L'Idiot de Fédor Dostoïevski (Russie, traduction française)


Le jeune prince Lev Nikolaïevitch Mychkine revient de Suisse où il a fait un séjour pour sa santé. Avec peu d'argent en poche il se rend chez une parente puis chez un employé du mari de celle-ci. Il fera en six mois la connaissance de nombreux personnages hauts en couleur avec qui il vivra des émotions intenses.

L'Idiot est un des romans les plus célèbres de Dostoïevski, et un pavé relativement imposant (on peut même le trouver séparé en deux livres) qui ne doit pourtant pas décourager le lecteur (il est cela dit plus court que d'autres romans de l'auteur).

Alors L'Idiot est-il le meilleur livre du célébrissime romancier? Ma réponse est non!

Pourquoi tant de haine?
Parce que l'intensité (indéniable) de ce livre n'atteint pas celles de Crime et Châtiment, ainsi que des Frères Karamazov (que je tiens pour son chef-d'oeuvre). L'histoire est moins "puissante", va moins loin dans les tréfonds de l'âme humaine. C'est peut-être même un de ceux qui a le plus mal vieilli, avec certaines idées bien dépassées (mais rarement).

Tu serais pas en train de chipoter là, non?
Bon, certes, je chipote. Il ne fait aucun doute que L'Idiot est un chef-d'oeuvre, seulement il n'est pas LE chef-d'oeuvre de Dostoïevski, mais à part ça peu de chose à lui reprocher comme vous l'avez vu dans le précédent paragraphe.

Mais qu'est-ce qui en fait un chef-d'oeuvre?
Euh, vous avez le week-end devant vous? Non, je plaisante... Eh bien, comme les plus grands romans de son auteur, L'Idiot est d'une intensité dramatique formidable, d'une humanité extraordinaire, et d'un style inégalable.

Mais encore?
Bon, parlons un peu plus de l'histoire et de son contexte : le prince, héros du roman, qui possède le même prénom que Tolsoy (hum...), passe pour un idiot, c'est-à-dire qu'il a des réactions d'enfant (comme il le dit lui-même, et comme les autres personnages lui disent). Or il est fort dérangeant pour un adulte à cette époque d'avoir des réactions enfantine, il pourrait donc être mal vu mais l'auteur le fait agir de telle façon qu'on s'aperçoit vite que, s'il n'est pas vif d'esprit, le prince possède "l'intelligence du coeur". Et ce trait de caractère va faire que tous les personnages, ou presque, vont se livrer à lui tel qu'on se livre à un enfant. Ce personnage central permet de faire ressortir (en bien ou en mal) toute la profonde humanité des autres protagonistes de l'histoire. Justement, étant comme un enfant il dit "la vérité", SA vérité mais proche de ce qu'on peut s'imaginer encore aujourd'hui.

Et, justement, précise-nous un peu quelle est l'histoire...
Non, non, je n'en dirai pas plus sur l'histoire. Mais le livre est presque construit comme une pièce de théâtre : l'action se passe souvent en huis clos, beaucoup de dialogue, ellipse dont on n'apprend que plus tard ce qu'elle peuvent contenir. C'est une sorte de tragi-comédie puissante et universelle.

Qu'est-ce que tu voudrais dire à ceux qui seraient réticents à le lire?
D'abord que je les comprends : c'est un gros livre, un "grand classique", une tragédie. Mais pour les rassurer je leur dirais que je ne l'ai pas trouvé très difficile à lire (mais j'ai l'habitude de ce genre de livre, même si ce n'est pas Ulysse(s)), il se lit d'une traite si on rentre bien dedans. Et puis il est très moderne dans sa vision de l'humanité, malgré quelques idées dépassées. Bon c'est surtout que ça m'intéresse beaucoup les livres qui présentent une belle vision de l'humanité. Mais je pense que ça peut intéresser beaucoup de monde.

Quelle note alors?
9.5/10

dimanche 22 janvier 2012

Cyanure de Camilla Läckberg (Suède, traduction française)


Bon on commence petitement et avec un livre qui peut tromper le lecteur de ce blog sur les préférences du maître des lieux. En effet, le polar n'est pas sa tasse de thé à une grosse exception près (le formidable James Ellroy). Il s'agit ici vraiment d'un petit polar dans tous les sens du terme (ambition de l'écriture autant que de l'épaisseur du bouquin), on évitera de spéculer sur l'intérêt pécunier de la chose (un tout petit livre vendu plus de 15€) pour ne se concentrer que sur l'écriture et l'histoire.

Étant donné que mon intérêt pour les romans policier est très limité je ne connais évidemment pas les romans de Camilla Läckberg, je ne pourrais donc pas comparer avec ses précédentes œuvres. D'autant que de ce que j'ai pu lire à droite et à gauche ce livre-ci n'a pas grand-chose à voir avec les précédents bouquins de la suédoise. De ce que j'en ai vu, les principales critiques qui sont adressées à Cyanure c'est la quasi absence de liens avec les précédents romans de l'auteur qui apparemment met en scène des personnages récurrents. Critiques quelque peu limitées mais typique d'une époque où les gens s'intéressent plus (pour parler d'oeuvre filmées) aux personnages qui reviennent régulièrement qu'aux plus éphémères. Mais ceci n'est pas très important et de toute façon je ne peux pas comparer puisque Cyanure est le seul livre que j'aie lu de son auteure.

Parlons plutôt du livre en lui-même. Il s'agit donc d'un jeune flic qui se rend dans un coin paumé (il faut bien appeler un chat un chat) pour faire plaisir à sa petite amie et rencontrer la famille de celle-ci. Il débarque dans une ambiance détestable et se rendra très vite compte que cette fille-là n'est pas pour lui (mais vraiment très vite, il n'y a aucune histoire entre les deux tourtereaux dans le livre). Très vite le grand-père meurt, empoisonné. Personne n'a pu rentrer, personne n'a pu sortir à cause de la tempête de neige qui sévit. Le coupable est donc parmi la famille de la donzelle. Mais qui est-ce?

Même si l'auteure fait référence directement à Conan Doyle et son Sherlock Holmes, il s'agit plutôt ici d'une histoire à la Agatha Christie (un huis clos, un policier, tout le monde est suspect,...). Malheureusement le livre n'est pas à la hauteur de ces références et patauge vite dans le banal, l'anecdotique, au lieu de faire travailler nos méninges et de stimuler le suspense. Le problème vient du héros totalement incompétent qui mène une enquête même pas digne d'une académie de police, et des personnages trop caricaturaux et antipathique pour être source d'intérêt pour le lecteur.

Les avantages de ce livre sont qu'il est court, on n'a donc pas le temps de s'ennuyer et qu'il remplit son rôle malgré ses défauts, c'est-à-dire de divertir.
On suivra donc sans intérêt particulier mais sans grand déplaisir les tribulations de cette famille qui s'entre-déchire, même si au final l'action est très limitée. Un gros bémol par contre : le dénouement, qui n'a pas vraiment sa place dans cette histoire, et il semble que l'auteure n'a pas eu envie de finir son livre en beauté mais sort une fin, visiblement copié sur une autre histoire, et qui finit par frustrer son lecteur.

4.5/10